Pour comprendre cette réalité, nous avons rencontré Steelish 360, joueur semi-professionnel chez Gascom Esports et ambassadeur e-sport d’Orange Madagascar. À travers son parcours, il nous ouvre les portes d’un univers encore largement méconnu à Madagascar.
Introduction au monde de l’e-sport
Les profanes, tant à Madagascar qu’ailleurs considèrent les jeux vidéo comme un simple loisir. Pour d’autres cependant, ils sont une discipline compétitive à part entière. À Madagascar, près de 80 % des joueurs ont entre 10 et 30 ans selon Steelish. Lui-même a découvert la compétition très jeune. À seulement 16 ans, il participe à son premier tournoi sur Dragon Ball FighterZ en 2018.
Ce premier contact avec la scène compétitive lui révèle un univers bien plus vaste qu’il ne l’imaginait. Aujourd’hui, il évolue comme joueur semi-professionnel au sein de Gascom Esports et représente également Orange Madagascar en tant qu’ambassadeur e-sport.
Communauté, développement et éducation
Le premier stéréotype que Steelish aimerait voir disparaitre est simple. C’est le fait que les gens pensent que « c’est difficile et compliqué ». Pour lui, cette perception provient surtout de la peur de l’inconnu. Il parle même de « paresse intellectuelle » pour désigner cette tendance à rejeter un univers sans avoir pris le temps de le découvrir. L’e-sport propose pourtant une multitude de disciplines : jeux de combats, jeux de pelouse, des simulations ou encore des jeux coopératifs. « Il faut simplement tester ».
Les bénéfices ne s’arrêtent cependant pas aux jeux et à ce qu’ils apprennent seulement. Selon Steelish, l’e-sport constitue également un espace de réseautage. Derrière les compétitions se cachent des métiers du marketing, de l’évènementiel, de la communication ou encore de la création de contenu ». Les rencontres faites dans l’univers du jeu vidéo ne restent pas toujours derrière un écran : elles peuvent aussi ouvrir des opportunités dans la vie réelle.
Au-delà de la manette : la réalité de la vie d’un gamer
L’image qui vient en tête lorsqu’on pense à un joueur compétitif, c’est une personne enfermée toute la journée devant son écran. La réalité est plus nuancée. Pendant les périodes de compétition, les entrainements peuvent effectivement atteindre huit heures par jour. C’est notamment le cas lors des finales de saisons ou des grands tournois. Heureusement, la plupart de ces périodes coïncident généralement avec les périodes de vacances malgaches.
Sans les compétitions, Steelish continue à vivre normalement, tout en nourrissant d’autres passions comme le football ou les animés. Ce détail distingue la passion de l’addiction. Les jeunes ont tout à fait le droit de faire de l’e-sport une passion principale, mais cela ne fait pas de l’activité un blocage pour vivre une vie « normale ».
L’e-sport peut devenir un terrain de développement personnel. Au lieu de jouer pour gagner, les joueurs peuvent aussi jouer pour améliorer leur niveau. Les victoires tout comme les défaites sont des expériences en plus pour donner encore le meilleur de soi-même les prochaines fois.
Dans le secteur de l’e-sport, Madagascar brille à l’international. D’ailleurs, le pays possède toujours de nombreux talents ayant l’étoffe pour briller portés haut le flambeau national. Le souci n’est cependant pas les joueurs, mais le défaut de soutien. Les structures manquent et il faudrait plus d’investissement dans le secteur pour que la jeunesse puisse révéler leur plein potentiel.
Les mots de la fin…
« Les jeux vidéo, ça paie les gars. On est dans une nouvelle ère. Il y a moyen dans l’e-sport. Prenez-le comme une deuxième activité. »
C’est une invitation non pas à tout abandonner pour jouer, mais à considérer l’e-sport comme une opportunité de développement et d’apprentissage. Puisque son ambition consiste à représenter Madagascar dans les grandes compétitions internationales, l’équipe Agnaro News ne peut que lui souhaiter d’affronter MenaRD dans Street Fighter bientôt.
La vidéo intégrale