Une découverte issue des livres

Vendeur de livres à ses débuts, rien ne le prédestinait particulièrement à s’intéresser à l’ésotérisme. Comme la majorité des jeunes malgaches, Coco a été éduqué dans la foi, plus précisément la christianisme. Son premier contact avec l’univers de l’ésotérisme est venue à travers les ouvrages auxquels il a eu accès.

Au fil des lectures et des rencontres, il découvre des ouvrages traitant de sujets sortant un peu des circuits classiques. Ses lectures ont commencé à éveiller sa curiosité et a ouvert ses yeux sur les questions de la conscience, du temps, de la perception et des capacités humaines.

Pour lui, l'apprentissage occupe une place centrale dans l'existence. « L'apprentissage remplit ma vie », explique-t-il simplement. Cette quête de savoir ne se limite pas à un domaine particulier. Elle s'étend aussi bien aux connaissances scientifiques qu'aux traditions anciennes, avec une même volonté : comprendre davantage le monde qui nous entoure.

Le raokandro, un patrimoine souvent oublié

Le raokandro malagasy est un sujet assez sensible. Trop riche pour être ignoré et très peu scientifique selon la définition moderne du terme pour être totalement reconnu. Certes, des professionnels comme Ratsimamanga et des enseignes comme homéophrame ont réussi à faire connaitre une partie des bienfaits des plantes. Cependant, nombreuses plantes sont restées parmi les connaissances dévalorisées et méconnues.

Depuis des siècles toutefois, les plantes ont contribué à améliorer la qualité de vie des malgaches, à les accompagner dans les périodes diffciles et à guérir leurs maux. Coco insiste d’ailleurs sur l’importance de connaitre leurs usages et de les aborder avec prudence. « C'est triste que les Malgaches ne considèrent pas davantage leur propre culture », confie-t-il. Derrière ces mots, une idée simple se cache : les solutions existent déjà dans notre environnement immédiat.

Entre psychologie et ésotérisme

Une première reflexion vient toujours dès que le sujet de l’ésotérisme est évoqué : est-ce qu’il est lié de loin ou de près à la psychologie ? Les êtes humains ont besoin de donner aux évènements qu’il traverse, c’est un fait. Cette recherche de sens explique ainsi l’intérêt porté à des sujets comme les horoscopes, les signes ou la notion de chance. Coco refute cependant la vision fataliste de l’existece. « Il existe toujours un point d'équilibre dans la vie. Il n'y a pas de personnes entièrement malchanceuses. » dixit-il. C’est cette idée d’équilibre qui constitue les fondements des approches concernant le monde.

Les savoirs oubliés et leur transmission

Le Dr Guisepe Calligaris, est un neurologue italien qui a développé une technique psychosomatique. Sa découverte consiste à relier le corps et l’esprit à travers des points et des lignes sur la peau. Tout cela pour influencer la santé physique et mental. Il est à noter cependant que Calligaris a été rejeté par la communauté académique et ses ouvrages sont devenus rares.

Comment cette méthode autrefois explorant la conscience et la mémoire est venue à disparaitre est une invitation à d’autres questions. C’est le cas de le compréhension du monde, de la capacité humaine et des savoirs faire qui ont disparu faute de reconnaissance. Heureusement, on observe aujourd’hui un regain d’intérêt pour les plantes médicinales, les traditions ancestrales et les connaissances locales.

Les mots de la fin …

« Rehefa anao zavatra iray dia tena zavatra tiana atao. »

Pour Coco, la clé réside dans la passion et l'ouverture d'esprit. En d’autres termes, faire les choses avec le cœur, continuer à apprendre et rester à l'écoute des autres sont, selon lui, les meilleurs moyens de grandir tout en préservant la richesse de son héritage culturel.

À l'heure où les certitudes semblent parfois s'opposer, il invite avant tout à l'écoute. Écouter les autres, écouter les traditions, écouter les expériences différentes des nôtres. Cela ne signifie pas tout accepter ou tout croire. Au contraire, il encourage chacun à développer son esprit critique, à prendre du recul et à retenir ce qui lui paraît pertinent. Car, selon lui, la sagesse ne réside pas dans les réponses toutes faites, mais dans la capacité à apprendre continuellement.

Et si le retour aux sources n'était pas un retour en arrière, mais une autre manière d'avancer ?